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Les années 70 : La vallée, le ruisseau

Le bois s’est peuplé très vite et il a rapidement fallu commencer à défricher vers l’Est, derrière la maison. Subitement le terrain que toute le monde croyait plat, en continuité avec l’espace autour de la maison, plonge brutalement et forme une vallée. Qu’à cela ne tienne ! La princesse défriche, arrache tous les arbres et arbrisseaux sans valeur, modèle légèrement les courbes du terrain, tire des drains pour assainir le sol, plutôt argileux, et très spongieux en certains endroits. Au sommet prendront place de jeunes cèdres issus de semis obtenus des cônes récoltés par Guilllaume Mallet lui même sur les arbres qu’il chérissait le plus. A leurs côtés, cyprès chauve, magnolias, toute une collection de houx, des cerisiers à fleurs (Prunus incisa), les magnifiques Aralia chinensis formeront la base de nouveaux massifs.
L’espace le plus dégagé accueille toute une série de rosiers, regroupés dans chaque massif par couleur : le massif rouge, le jaune, l’orange. Il donneront le ton et ces massifs accueilleront nombre de vivaces et de petits arbustes permettant de belles harmonies avec les roses. Aujourd’hui, la plupart des rosiers ont disparu, victimes de l’ombre grandissante engendrée par les arbres des alentours, mais aussi par les dents d’un chevreuil habitant les environs du jardin depuis plusieurs années. Qu’à cela ne tienne, les thèmes de couleurs sont maintenus, complétés par de nouvelles plantes : heuchères ‘Caramel’ et Cornus ‘Winter beauty’ dans le massif orange, Héllébores rouges, Weigela ‘Alexandra’ et hortensias pourpres (Hydrangea ‘Merveille Sanguine’) dans le massif rouge, etc.
Les thèmes colorés se poursuivent l’hiver grâce à des arbres à écorce décorative : Prunus maackii, (cuivré), Betula ‘Hergest’ (crème rosé), B.jacquemontii (blanc pur) et surtout B. nigra (chamoisé, puis noir) dont la silhouette est particulièrement bien mise en valeur par un nettoyage régulier de la silhouette. Cette taille de transparence effectuée « de l’intérieur » des arbres est d’ailleurs un leitmotiv et deviendra une « signature » de la Princesse. Un peu plus loin, un splendide érable japonais forme un immense dôme de feuillage. C’est l’un des deux spécimens que la Princesse reçût autrefois d’une amie en visite à Taïwan. Ces deux petits sujets prélevés dans la nature ne mesuraient que quelques centimètres de haut et sont arrivés dans une enveloppe. Haut et large de près de 8 à 10 mètres, c’est désormais une grande vedette : le dernier à perdre ses feuilles, en décembre, une fois tous ses compagnons défeuillés, et l’un des premiers à développer ses nouvelles feuilles, parfois dès la mi-
Le « point d’orgue » de cette partie est sans conteste le ruisseau, un long ruban de plantes semi-
suite : Les années 80